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« L’un arrive, l’autre part »

Stage 1, jour 1, les affaires sont lancées !

L’infirmier chef alloue à chaque infirmier/infirmière une portion du couloir dont celui-ci ou celle aura la charge durant sa journée de travail, le tout avec l’aide d’aides soignantes.

Le cadre est planté me voilà en début de couloir pour la journée (et pour le reste du stage en fait, le début de couloir tu l’aimes ou tu le quittes), après avoir bichonné les patients de ma portion de couloir, vient le temps de la pause (dieu la bénisse, hypoglycémie quand tu nous tiens).

On recharge les batteries et hop nous revoilà à l’affut de la moindre sonnette, admirant le travail de nos amis kinés qui accaparent l’attention de nos patients, autant vous dire que c’est l’heure creuse.

Le temps de midi permet de redonner un peu d’action au sein du service, le ballet des plateaux repas est lancé, chacun sa chacune, à vos fourchettes, MANGEZ !

Après vient le moment où nous stagiaires avons le droit de nous repaitre, cantine du CHU nous te louons !

Retour au service et nous participons alors au fameux « tour de 14h » qui consiste en une prise des paramètres (Pouls, Tension Artérielle et Température) ainsi que la « friction » (on retourne tout les patients, on vérifie que tout va bien niveau protection et literie, pour éviter les escarres et favoriser le bien être des patients).

Histoire de varier les plaisirs je me porte volontaire pour le bout du couloir avec une stagiaire de 2ème Sage Femme.

Il faut savoir que le bout du couloir c’est là où se trouve les chambres individuelles pour patients VIP, ronchons ou en projet 3 (c’est-à-dire des patients que l’on ne traite plus de manière à les guérir mais simplement pour le confort, on assimile ça souvent à des soins de fin de vie).

J’arrive donc devant cette chambre, oui j’ai entendu parler de cette chambre, de cette dame, 85 ans, projet 3, elle ne meurt pas elle s’efface jour après jour, disparaissant sous tout ses draps et coussins. Elle n’est plus maigre, elle est transparente, son mari lui s’évapore à ses côtés nous regardant plein d’espoir lorsque l’on rentre.

Je passe le brassard, essayant d’être la plus douce possible, car cette femme n’est plus que douleur malgré les traitements de confort. Sa tension est basse, son pouls impalpable quelque soit l’endroit où on le cherche. Elle s’accroche à ma main, elle ne m’a jamais vu, je ne l’ai jamais vu mais elle me tient, me retient. On appelle les infirmiers qui sentent bien que ce petit bout de femme initie son dernier voyage.

Elle quittera ce monde une heure après la fin de mon service.

Vingt minutes, rencontre fugace, souvenir marquant.

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