Archives de Tag: anecdote

« Il y en a qui avait plus de dix partenaires par semaine. Beh oui ça fatigue quand même moins de se faire sodomiser. »

– Et le tendresse bordel!

Publicités
Tagué , ,

« Quelqu’un qui meurt dans une case bon, au revoir, merci, pas de problème. »

– La sélection naturelle selon notre prof de patho infectieuse

Tagué , ,

« La mesure du taux de T4 c’est combien j’ai sur mon compte en banque.
La mesure de la charge virale c’est combien ma femme va dépenser. »

– Cours de Patho Infectieuses

Tagué , ,

« Tu vas nous le chouchouter comme d’habitude »

Il y a différents types de patients : ceux qui se laissent faire sans poser de
questions, ceux qui posent deux trois questions histoire de savoir en gros ce
qui va se passer et il y a ceux qui veulent tout savoir, tout voir, tout gérer
comme ils le veulent.

Toi tu étais de ceux-là.
Tu sonnais pour un oui pour un non. Ton problème d’élocution n’aidait pas, ton
côté pinailleur était exacerbé et tu avais tendance à exaspérer le personnel
soignant.

Moi je suis arrivée au bon moment, un mois que tu étais là à faire tourner en
bourrique tout le service, pourquoi ne pas te laisser aux mains de cette
gentille stagiaire pleine de patience et de compréhension ?

C’est comme ça qu’au fil des jours j’ai remarqué que bizarrement mon
affectation au début de couloir semblait de plus en plus définitive.

J’ai été patiente avec toi, j’ai tenté de comprendre tes questions, d’y
répondre.
Mais même avec toute la volonté du monde tu m’as également exaspérée, fatiguée.

Quand on refait ton pansement que tu demandes à voir avec un miroir admettons,
mais que tu viennes dire à cette étudiante de 2ème année que
« non la boucle de sécurité il ne faut pas la faire comme ça »
c’était de trop, elle fait tout de même selon ton idée, quitte la chambre. Et
hop tu sonnes annonçant que « ah non ce n’est pas comme ça non
plus ». La goutte qui fait déborder le vase et qui confirme ton statut de pinailleur.

Je me suis occupée de toi en faisant au mieux, en restant calme et en
comprenant qu’être hospitalisé ce n’est pas facile, c’est inquiétant et que
c’est ta manière de contrôler un peu ce qui se passe autour de toi.

Je me souviendrais toujours du sourire entendu de l’infirmier chef qui lors de
la répartition du matin me dit : « Monsieur Pinailleur, tu vas nous
le chouchouter comme d’habitude. »

Tagué , ,

« Les aides-soignants sont tes amis (mais pas tous) »

Quand tu es en stage, qui plus est lors de ton premier stage, on te colle souvent
dans les pattes d’un aide-soignant que tu assistes toute la matinée.

Alors des fois tu tombes bien et tu apprends plein de petits trucs et
astuces :

« Alors pour les bas de contention tu les retournes et les enfiles jusqu’à
la cheville tu tires et hop ! »
Merci à cette aide-soignante qui a sauvé mes ongles et m’a évité de massacrer
les jambes de mes patients.

« Pour raser c’est simple il faut bien tendre la peau et faire attention
au sens du poil »
Merci à toi cher aide-soignant qui a sauvé mes patients d’un probable tranchage
de carotide dans les règles.

« N’oublie jamais l’alèse ouatée ça peut te sauver ton alèse tissus du
dessous ! »
J’ai bien noté !

J’en passe et des meilleurs !

Et puis il y a les autres…

Celles (et ceux) qui te prenne pour un larbin (oui le mot et fort) qui te dise
tout sourire « va voir le 375 il a mouillé son lit » et pendant que
tu t’y mets, elle, elle va boire tranquille son café, glander et vient après te
dire que c’est mal fait.

Bon, ça reste (je l’espère) ponctuel mais ça peut très vite devenir oppressant
de voir que le « sale » (avec des grands et bien gros guillemets)
boulot c’est pour les stagiaires parce que bon ils sont là, c’est le rite de
passage.

Nous ne sommes pas payés, vous l’êtes et en plus on fait votre boulot. Je crois
bien que ça résume bien  l’expression
« payer à rien foutre ».

Oui, les stagiaires doivent apprendre, oui, à leur premier stage ils ne savent
pas faire grand-chose mais cela ne constitue pas des raisons nécessaires et
suffisantes pour qu’on abatte votre boulot et tout ça avec le sourire !

On vous respecte alors respectez nous !

Bisous

Tagué , ,

« Projet, quel est ton projet ? »

Avant de vous raconter cette petite anecdote, ile me faut d’abord vous expliquer quelques concepts.

En Belgique, lorsqu’un patient est hospitalisé il faut définir et « choisir » en concertation avec le médecin et la famille le projet thérapeutique adapté au patient.

En bref, par défaut tout patient est en projet 1, peut s’en suivre alors une « mise à jour » de ce statut en fonction du diagnostic, de l’évolution du patient, des choix de la famille.

Projet 1 : c’est du curatif, si le patient décide de calencher on fera tout pour le remettre sur les rails.

Projet 2 : ça reste du curatif mais si le patient vient à oublier de respirer il n’y aura pas de mesures héroïques de déployer.

Projet 3 : c’est que du confort, on ne peut rien faire de plus que garantir une bonne qualité de fin de vie.

Ceci étant dit, revenons à nos moutons.

Durant mon stage en neurologie, j’ai du m’occuper d’un patient pas facile dans le sens que pour un premier stage c’est assez « lourd » à affronter et à gérer.

Coma, trachéo mais respire seul, j’en passe et des meilleures.

Etant donné que j’ai eu durant mon stage à m’occuper que du début du couloir (once you go there you never come back) et que ce patient s’y trouvait j’ai eu le loisir de mieux comprendre les raisons de sa venue, les problèmes récurrents, les décisions dures à prendre.

Ce patient à proprement parlé il ne devrait pas être là, mauvais timing, faute à pas de chance.

Venu faire un examen dans un hôpital voisin il en est ressorti dans le coma, il y a des choses qui ne sont pas logiques à première vue. Et puis vient le diagnostic, abcès au cerveau.

Les choses se présentent relativement mal, l’opération n’a pas l’air d’être envisagée (peut-elle seulement être faisable ?), les choses piétinent voire même s’aggravent.

Aux yeux de tout le service ce patient devrait passer en projet 2 mais il faut en convaincre sa femme.

Femme qui, quand je la rencontre pour la première fois me donne l’impression d’être un fantôme, pâle, maigre à l’extrême. Et là je comprends, je comprends pourquoi elle ne veut pas prendre cette décision, elle vit, survit, au rythme de son mari. Le passer en projet 2 serait un pas trop grand à faire pour elle, un chiffre qui change tout, pour lui mais surtout pour elle.

Les médecins tentent de la raisonner, les infirmiers du service se désolent face à son refus de changer ce tout petit chiffre qui signifie tout pour elle, qui montre que l’espoir est permis.

Elle n’a pas changé d’avis et je crois qu’elle ne le fera peut être jamais.

C’est fou ce qu’un chiffre peut signifier.

Tagué , ,

« L’un arrive, l’autre part »

Stage 1, jour 1, les affaires sont lancées !

L’infirmier chef alloue à chaque infirmier/infirmière une portion du couloir dont celui-ci ou celle aura la charge durant sa journée de travail, le tout avec l’aide d’aides soignantes.

Le cadre est planté me voilà en début de couloir pour la journée (et pour le reste du stage en fait, le début de couloir tu l’aimes ou tu le quittes), après avoir bichonné les patients de ma portion de couloir, vient le temps de la pause (dieu la bénisse, hypoglycémie quand tu nous tiens).

On recharge les batteries et hop nous revoilà à l’affut de la moindre sonnette, admirant le travail de nos amis kinés qui accaparent l’attention de nos patients, autant vous dire que c’est l’heure creuse.

Le temps de midi permet de redonner un peu d’action au sein du service, le ballet des plateaux repas est lancé, chacun sa chacune, à vos fourchettes, MANGEZ !

Après vient le moment où nous stagiaires avons le droit de nous repaitre, cantine du CHU nous te louons !

Retour au service et nous participons alors au fameux « tour de 14h » qui consiste en une prise des paramètres (Pouls, Tension Artérielle et Température) ainsi que la « friction » (on retourne tout les patients, on vérifie que tout va bien niveau protection et literie, pour éviter les escarres et favoriser le bien être des patients).

Histoire de varier les plaisirs je me porte volontaire pour le bout du couloir avec une stagiaire de 2ème Sage Femme.

Il faut savoir que le bout du couloir c’est là où se trouve les chambres individuelles pour patients VIP, ronchons ou en projet 3 (c’est-à-dire des patients que l’on ne traite plus de manière à les guérir mais simplement pour le confort, on assimile ça souvent à des soins de fin de vie).

J’arrive donc devant cette chambre, oui j’ai entendu parler de cette chambre, de cette dame, 85 ans, projet 3, elle ne meurt pas elle s’efface jour après jour, disparaissant sous tout ses draps et coussins. Elle n’est plus maigre, elle est transparente, son mari lui s’évapore à ses côtés nous regardant plein d’espoir lorsque l’on rentre.

Je passe le brassard, essayant d’être la plus douce possible, car cette femme n’est plus que douleur malgré les traitements de confort. Sa tension est basse, son pouls impalpable quelque soit l’endroit où on le cherche. Elle s’accroche à ma main, elle ne m’a jamais vu, je ne l’ai jamais vu mais elle me tient, me retient. On appelle les infirmiers qui sentent bien que ce petit bout de femme initie son dernier voyage.

Elle quittera ce monde une heure après la fin de mon service.

Vingt minutes, rencontre fugace, souvenir marquant.

Tagué , , ,

« Ah on a des nouveaux stagiaires ? Ça fait 6 en tout là ? C’est Noël ? »

En tant qu’étudiante en première année j’ai deux stages de prévu au cours de l’année, 3 semaines en Octobre et 3 autres en Mars.

Mon premier stage était planifié en unité de médecine-neurologie.
Le tout dans un hôpital à 3 minutes à pieds de chez moi, que demander de plus !

Il est donc 6h45 et toute de blouse blanche vêtue je pointe mon nez au sein de l’unité à moitié angoissée à moitié excitée.
C’est donc fébrilement que j’arrive au bureau des infirmières et annonce avec le sourire « Bonjour, je suis la nouvelle stagiaire je serais avec vous pour les 3 prochaines semaines », regard hébété de l’infirmière de nuit, déconfiture totale de mon côté.
« Ah on a des nouveaux stagiaires ? Ça nous en fait 6 là ? C’est Noël ? » Je fais donc partie d’un cadeau envoyé par mon école pour ces gens charmants du service de neurologie.

Tout le plaisir est pour moi les enfants, en espérant que notre collaboration soit fructueuse.

(Elle le fut.)

Tagué , , , ,

« Ne volez pas le pénis du mannequin ! »

Il y a ces cours auxquels tu assistes parce que hum… et bien  la/le professeur prend les présences et il y a les autres où tu passerais tes journées à boire les paroles du professeur.

Cette professeure est l’une d’entre eux, elle te ferait adorer un cours sur l’anthropologie à travers les âges c’est pour dire.

Douceur, pédagogie, conscience professionnelle c’est un peu l’exemple, la personne que j’aimerais devenir plus tard, le symbole de l’épanouissement professionnel.

Elle nous dispense entre autres un cours sur les soins d’hygiène où nous parcourrons les différentes options qui s’offrent à nous afin de faire reluire nos patients comme des sous neufs.

Nous entamons après tout le blabla théorique les choses sérieuses j’ai nommé la pratique sur mannequin tout joli tout beau.

Il y a deux mannequins à notre disposition un de sexe masculin, l’autre féminin.

C’est au moment de découvrir notre « patient » que notre professeur nous sort cette phrase d’une poésie infinie « Arrêtez tout il n’a pas de sexe, je vais chercher un pénis à lui mettre. On les cache car les élèves trouvent intelligent de les voler pour faire des blagues ! »

Un ange est passé et devant notre air ébahi notre professeur a cru bon de rajouter « Enfin vous voyez quoi… les étudiants ils… bref… voilà voilà »

Pour ce moment d’anthologie, merci.

Tagué , , ,