Archives Mensuelles: juillet 2013

« La vengeance est un plat qui se mange froid »

Faisons un petit retour en arrière à cette période bénie qu’est la session de Janvier.
Chronique d’une mort annoncée pour certains.
Accomplissement final d’un nombre improbable d’heures de travail pour d’autres.
Révélation divine pour la plupart que travailler dans l’urgence n’est pas l’arme absolue.

Bref, c’est la débandade la plus totale.

Il y a les examens où les clins d’œil des professeurs durant les cours se transforment en questions d’examen.
Il y a les heureuses surprises où le cours hyper dur hyper trop hyper tout se transforme en un examen tout à fait faisable.
Et il y a les désillusions, propres, nettes et sans bavures.

Le cours d’oncologie au départ ce n’est pas joyeux ça parle cancer, termes techniques, traitements et autres.
Au départ et sur le papier ça devait bien se passer, une prof jeune, dynamique.
ERREUR !
Les profs jeunes sont parfois TROP dynamiques, ils veulent que le cours soit interactif, ils veulent faire parler les étudiants sauf que soyons clair : les étudiants n’aiment pas participer, ils se posent, s’avachissent sur leurs tablettes, écoutent et prennent des notes si les astres sont alignés ce jour-là ; mais en aucun cas, oui aucun, on ne veut participer.
Je ne sais pas l’expliquer c’est viscéral ou un truc inné bref c’est comme ça.

Donc revenons à nos moutons, il y a ce trop-plein de dynamisme qui a tendance à horripiler les étudiants et donc de les faire décrocher du cours.
L’ambiance dans l’auditoire c’est un peu comme un soir de match tout le monde donne son avis dans son coin, se dispute le bout de gras et la prof n’arrive pas à récupérer l’attention et rétablir le calme.

Le cours imbuvable devient donc de ce fait inaudible.
Résultat des courses la prof ne nous aime pas trop et la réciproque est vraie.

(Là on en vient au but même de ce post)

Il y a ce chapitre sur la douleur avec ce tout gros tableau parlant de comment gérer la douleur selon différents aspects mais passons.
Ledit tableau prend deux pages et la prof nous dit texto « ce tableau ne sera pas matière d’examen », comprendre : brûle cette feuille on est cool rapport à ça.

Et puis l’examen arrive.
10 QCM à points négatifs : réponse juste 1pt / pas de réponse 0pt / réponse erronée -1pt
1 Question ouverte sur 10pts
Si tu as -3/10 à ton QCM on ne ramène pas à 0 mais on soustrait ces 3pts à la note de la question ouverte.
Comment se faire entuber en 2 leçons.

Devinez sur quoi à porter la question ouverte ?
Oui. OUI ! Le joli est charmant tableau « pas matière d’examen ».

La vengeance, cette p*te.

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« Alfred, notre cher professeur de physiologie »

Pour une fois parlons un peu des cours, on touche un peu à tout et en même temps si peu quand on y pense.
Il y a ses cours pratiques hyper fun et il y a les cours théoriques.

Les cours théoriques ça peut être très chi… ennuyant si la/le prof ne rend pas la matière quelque peu intéressante, vivante, pas mortelle en soi.

Le cours de Physiologie-Pathologies pneumo-cardio-endocrino (rien que ça ma petite dame, mon bon monsieur) pourrait décrocher la palme du cours à la fois complexe et pénible à suivre mais non que nenni.
Ce cours est dispensé par un médecin d’un chic à toute épreuve, costard-cravate mon chou, sourire Colgate white ++, coiffure impeccable… La classe à l’anglaise quoi !
Et pour couronner le tout il ressemble comme deux gouttes d’eau à Alfred le charmant majordome de Batman.

On a de la guest star à l’école faut pas croire !
On a même le sosie de Matt Pokora mais ça c’est la légende qui le dit.

Il se donne corps et âme à son cours, c’est avec passion qu’il nous parle d’acidose mortelle et autres joyeusetées !

Ce n’est pas ma matière préférée et loin de là mais rien que pour lui tu as envie de la réussir cette matière pour lui donner autant qu’il s’est donné pour nous.

*Cœur avec les doigts*

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« Avant de juger il faut savoir écouter »

Il y a cette patiente en neurologie qui amorce une inversion de son rythme de sommeil.
Somnolente et peu réactive la journée.
Bruyante et intenable la nuit.

Tous les matins au staff les infirmières de nuit se plaignent du fait qu’elle sonne sans arrêt, cogne avec ses bijoux contre les barres de lit, dérangeant donc tout le service.
Je m’occupe d’elle quasiment tous les matins, on apprend à se connaitre et au final on s’entend plutôt bien.

Et tous les jours ça continue, les « on ne sait plus quoi faire », « les calmants ne marchent pas » pleuvent.

Et un jour comme ça au hasard lorsque je m’occupe d’elle, elle me dit sous le ton de la confidence « L’infirmière de nuit, là, je l’aime pas trop, j’ai peur la nuit ici, j’ai des angoisses qui viennent. »
Voilà comment d’une manière douce le mystère de l’inversion de rythme fut résolu.
Cette façon de poser un jugement comme quoi elle est juste pénible de base alors qu’elle a seulement peur la nuit. On peut la comprendre tous ses bruits, le noir, la maladie, ça ferait peur à n’importe qui.

Être à l’écoute des patients est primordial et parfois on l’oublie.

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