Archives Mensuelles: avril 2013

« Les lendemains de soirée ou comment couvrir ses amis stagiaires »

Les joies d’habiter sur un campus universitaire sont multiples :
-proximité de l’école/fac
-coin de verdure
-foule cosmopolite
-petites épiceries
-les soirées étudiantes

Bon les quatre premiers points sont biens, pratiques, tout ça tout ça.
Mais revenons sur le point numéro cinq.
Ayant pratiqué, hum, bon pratiquant toujours ce genre de soirées, ça va vite, très vite, trop vite.
Autant dire les lendemains sont rudes, très très rudes.

Il est donc logique de planifier ses soirées en fonction du planning du jour suivant.
Tu ne vas pas te coucher en mode 4×4 (à quatre heures du matin et à quatre pattes) en sachant que le lendemain tu dois pointer à l’hosto à sept heures tapantes.
Tout ça c’est la théorie et puis il y a la pratique.

Il y a cette stagiaire (baptisée qui plus est) qui est tombée dans un guet-apens tendu par ses chers confrères et consœurs. Ils n’ont donc pas aidé à sauvegarder sa sobriété lors de cette soirée.

Le lendemain matin en question, je retrouve ma collègue, le regard embué, le cheveu en bataille. Je lui demande donc ce qu’il a bien pu se passer. Et là, le drame. Elle me regarde, sourit et me lance : « J’suis encore rée-bou ».

BONJOUR ! IL EST 7H, LE SOLEIL BRILLE, LES OISEAUX CHANTENT (PRESQUE).
La journée promettait d’être, comment dire, intéressante.

C’est donc avec l’aide des autres stagiaires que nous avons fait son boulot pendant qu’elle se donnait l’air affairé dans les différents recoins de l’unité.

L’entre-aide c’est beau.

Tagué , ,

« Il y en a qui avait plus de dix partenaires par semaine. Beh oui ça fatigue quand même moins de se faire sodomiser. »

– Et le tendresse bordel!

Tagué , ,

« Quelqu’un qui meurt dans une case bon, au revoir, merci, pas de problème. »

– La sélection naturelle selon notre prof de patho infectieuse

Tagué , ,

« La mesure du taux de T4 c’est combien j’ai sur mon compte en banque.
La mesure de la charge virale c’est combien ma femme va dépenser. »

– Cours de Patho Infectieuses

Tagué , ,

« Tu vas nous le chouchouter comme d’habitude »

Il y a différents types de patients : ceux qui se laissent faire sans poser de
questions, ceux qui posent deux trois questions histoire de savoir en gros ce
qui va se passer et il y a ceux qui veulent tout savoir, tout voir, tout gérer
comme ils le veulent.

Toi tu étais de ceux-là.
Tu sonnais pour un oui pour un non. Ton problème d’élocution n’aidait pas, ton
côté pinailleur était exacerbé et tu avais tendance à exaspérer le personnel
soignant.

Moi je suis arrivée au bon moment, un mois que tu étais là à faire tourner en
bourrique tout le service, pourquoi ne pas te laisser aux mains de cette
gentille stagiaire pleine de patience et de compréhension ?

C’est comme ça qu’au fil des jours j’ai remarqué que bizarrement mon
affectation au début de couloir semblait de plus en plus définitive.

J’ai été patiente avec toi, j’ai tenté de comprendre tes questions, d’y
répondre.
Mais même avec toute la volonté du monde tu m’as également exaspérée, fatiguée.

Quand on refait ton pansement que tu demandes à voir avec un miroir admettons,
mais que tu viennes dire à cette étudiante de 2ème année que
« non la boucle de sécurité il ne faut pas la faire comme ça »
c’était de trop, elle fait tout de même selon ton idée, quitte la chambre. Et
hop tu sonnes annonçant que « ah non ce n’est pas comme ça non
plus ». La goutte qui fait déborder le vase et qui confirme ton statut de pinailleur.

Je me suis occupée de toi en faisant au mieux, en restant calme et en
comprenant qu’être hospitalisé ce n’est pas facile, c’est inquiétant et que
c’est ta manière de contrôler un peu ce qui se passe autour de toi.

Je me souviendrais toujours du sourire entendu de l’infirmier chef qui lors de
la répartition du matin me dit : « Monsieur Pinailleur, tu vas nous
le chouchouter comme d’habitude. »

Tagué , ,

« Les aides-soignants sont tes amis (mais pas tous) »

Quand tu es en stage, qui plus est lors de ton premier stage, on te colle souvent
dans les pattes d’un aide-soignant que tu assistes toute la matinée.

Alors des fois tu tombes bien et tu apprends plein de petits trucs et
astuces :

« Alors pour les bas de contention tu les retournes et les enfiles jusqu’à
la cheville tu tires et hop ! »
Merci à cette aide-soignante qui a sauvé mes ongles et m’a évité de massacrer
les jambes de mes patients.

« Pour raser c’est simple il faut bien tendre la peau et faire attention
au sens du poil »
Merci à toi cher aide-soignant qui a sauvé mes patients d’un probable tranchage
de carotide dans les règles.

« N’oublie jamais l’alèse ouatée ça peut te sauver ton alèse tissus du
dessous ! »
J’ai bien noté !

J’en passe et des meilleurs !

Et puis il y a les autres…

Celles (et ceux) qui te prenne pour un larbin (oui le mot et fort) qui te dise
tout sourire « va voir le 375 il a mouillé son lit » et pendant que
tu t’y mets, elle, elle va boire tranquille son café, glander et vient après te
dire que c’est mal fait.

Bon, ça reste (je l’espère) ponctuel mais ça peut très vite devenir oppressant
de voir que le « sale » (avec des grands et bien gros guillemets)
boulot c’est pour les stagiaires parce que bon ils sont là, c’est le rite de
passage.

Nous ne sommes pas payés, vous l’êtes et en plus on fait votre boulot. Je crois
bien que ça résume bien  l’expression
« payer à rien foutre ».

Oui, les stagiaires doivent apprendre, oui, à leur premier stage ils ne savent
pas faire grand-chose mais cela ne constitue pas des raisons nécessaires et
suffisantes pour qu’on abatte votre boulot et tout ça avec le sourire !

On vous respecte alors respectez nous !

Bisous

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