Archives Mensuelles: février 2013

« L’un arrive, l’autre part »

Stage 1, jour 1, les affaires sont lancées !

L’infirmier chef alloue à chaque infirmier/infirmière une portion du couloir dont celui-ci ou celle aura la charge durant sa journée de travail, le tout avec l’aide d’aides soignantes.

Le cadre est planté me voilà en début de couloir pour la journée (et pour le reste du stage en fait, le début de couloir tu l’aimes ou tu le quittes), après avoir bichonné les patients de ma portion de couloir, vient le temps de la pause (dieu la bénisse, hypoglycémie quand tu nous tiens).

On recharge les batteries et hop nous revoilà à l’affut de la moindre sonnette, admirant le travail de nos amis kinés qui accaparent l’attention de nos patients, autant vous dire que c’est l’heure creuse.

Le temps de midi permet de redonner un peu d’action au sein du service, le ballet des plateaux repas est lancé, chacun sa chacune, à vos fourchettes, MANGEZ !

Après vient le moment où nous stagiaires avons le droit de nous repaitre, cantine du CHU nous te louons !

Retour au service et nous participons alors au fameux « tour de 14h » qui consiste en une prise des paramètres (Pouls, Tension Artérielle et Température) ainsi que la « friction » (on retourne tout les patients, on vérifie que tout va bien niveau protection et literie, pour éviter les escarres et favoriser le bien être des patients).

Histoire de varier les plaisirs je me porte volontaire pour le bout du couloir avec une stagiaire de 2ème Sage Femme.

Il faut savoir que le bout du couloir c’est là où se trouve les chambres individuelles pour patients VIP, ronchons ou en projet 3 (c’est-à-dire des patients que l’on ne traite plus de manière à les guérir mais simplement pour le confort, on assimile ça souvent à des soins de fin de vie).

J’arrive donc devant cette chambre, oui j’ai entendu parler de cette chambre, de cette dame, 85 ans, projet 3, elle ne meurt pas elle s’efface jour après jour, disparaissant sous tout ses draps et coussins. Elle n’est plus maigre, elle est transparente, son mari lui s’évapore à ses côtés nous regardant plein d’espoir lorsque l’on rentre.

Je passe le brassard, essayant d’être la plus douce possible, car cette femme n’est plus que douleur malgré les traitements de confort. Sa tension est basse, son pouls impalpable quelque soit l’endroit où on le cherche. Elle s’accroche à ma main, elle ne m’a jamais vu, je ne l’ai jamais vu mais elle me tient, me retient. On appelle les infirmiers qui sentent bien que ce petit bout de femme initie son dernier voyage.

Elle quittera ce monde une heure après la fin de mon service.

Vingt minutes, rencontre fugace, souvenir marquant.

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« Ah on a des nouveaux stagiaires ? Ça fait 6 en tout là ? C’est Noël ? »

En tant qu’étudiante en première année j’ai deux stages de prévu au cours de l’année, 3 semaines en Octobre et 3 autres en Mars.

Mon premier stage était planifié en unité de médecine-neurologie.
Le tout dans un hôpital à 3 minutes à pieds de chez moi, que demander de plus !

Il est donc 6h45 et toute de blouse blanche vêtue je pointe mon nez au sein de l’unité à moitié angoissée à moitié excitée.
C’est donc fébrilement que j’arrive au bureau des infirmières et annonce avec le sourire « Bonjour, je suis la nouvelle stagiaire je serais avec vous pour les 3 prochaines semaines », regard hébété de l’infirmière de nuit, déconfiture totale de mon côté.
« Ah on a des nouveaux stagiaires ? Ça nous en fait 6 là ? C’est Noël ? » Je fais donc partie d’un cadeau envoyé par mon école pour ces gens charmants du service de neurologie.

Tout le plaisir est pour moi les enfants, en espérant que notre collaboration soit fructueuse.

(Elle le fut.)

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« Ne volez pas le pénis du mannequin ! »

Il y a ces cours auxquels tu assistes parce que hum… et bien  la/le professeur prend les présences et il y a les autres où tu passerais tes journées à boire les paroles du professeur.

Cette professeure est l’une d’entre eux, elle te ferait adorer un cours sur l’anthropologie à travers les âges c’est pour dire.

Douceur, pédagogie, conscience professionnelle c’est un peu l’exemple, la personne que j’aimerais devenir plus tard, le symbole de l’épanouissement professionnel.

Elle nous dispense entre autres un cours sur les soins d’hygiène où nous parcourrons les différentes options qui s’offrent à nous afin de faire reluire nos patients comme des sous neufs.

Nous entamons après tout le blabla théorique les choses sérieuses j’ai nommé la pratique sur mannequin tout joli tout beau.

Il y a deux mannequins à notre disposition un de sexe masculin, l’autre féminin.

C’est au moment de découvrir notre « patient » que notre professeur nous sort cette phrase d’une poésie infinie « Arrêtez tout il n’a pas de sexe, je vais chercher un pénis à lui mettre. On les cache car les élèves trouvent intelligent de les voler pour faire des blagues ! »

Un ange est passé et devant notre air ébahi notre professeur a cru bon de rajouter « Enfin vous voyez quoi… les étudiants ils… bref… voilà voilà »

Pour ce moment d’anthologie, merci.

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Avant toutes choses,

Bonjour à toi cher visiteur, pousse un peu les cartons, prends tes aises, te voilà bien installé ? Parfait..

Parlons un peu…

De moi ? Oui, un peu.

De ce que je vis ? Oui, sûrement.

Des choses qui me choquent ? Malheureusement, oui.

Des petits rien qui illuminent mes journées ? Oui, évi-de-ment.

Mais avant tout, revenons un peu en arrière, laisse moi te raconter mon parcours.

Mon BAC tout juste en poche me voilà partie pour la Belgique, moi petite lorraine d’origine je m’en vais goûter à la vie Made In Belgium et découvrir les joies des études de médecine.

L’intégration se fit sans encombre, l’année passe -ECHEC-, une autre année passe -ECHEC-, arrive la croisée des chemins. Que faire ? Et où ?

L’équation parait compliquée, au fond c’est le choix de la dernière chance alors il vaut mieux bien placer ses pions.

Depuis toute petite le médical était l’option numéro 1 pour ma vie future, au fil des années je suis passée de vétérinaire à médecin et me voilà maintenant à 20 ans les pieds dans le plat avec l’embarras du choix.

Au final, la réponse à mes questions était toute simple : être infirmière.

Je voulais du médical, du contact, être au plus près des gens, être sur le terrain et bien me voilà papiers d’inscription en main.

Cela fait bientôt six mois que je suis en cours, j’ai déjà effectué trois semaines de stage et je suis déjà ébahie devant la quantité de choses même infimes qui m’ont choquée, marquée et heureusement m’ont faites rigoler.

Et c’est un peu le pourquoi de ce blog, noter, écrire, taper pour ne pas oublier, ne pas oublier toutes ces choses qui marquent et continueront de marquer mon parcours.

Je n’ai pas la prétention de vouloir changer la face du monde mais du moins j’espère ajouter ma petite pierre à l’édifice dont la construction ne cessera jamais.

Sur ce cher visiteur, bonne lecture.

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